Une définition de l’être humain

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Ce matin, me traverse cette pensée : « les gens qui nous gouvernent doivent bien avoir une définition de l’homme. C’est à dire qu’ils doivent se le représenter d’une certaine manière, croire qu’il est une chose ou une autre ». J’adorerais que l’on propose cet exercice aux personnes qui se lancent en politique. Je pense que nos positions philosophiques, morales, éthiques, dépendent très fortement de nos croyances quant à ce qu’est l’être humain. Les débats concernant la démocratie font rage aujourd’hui, et sont indexés sur notre foi, ou notre absence de foi, en l’humanité. Il serait bon de rendre ces croyances explicites. Je pense qu’elles nous permettraient d’éviter bon nombre de débats sans fin, qui reposent uniquement sur une discorde radicale quant aux définitions.

Alors j’ai eu envie de me prêter à cet exercice. Quelle est ma définition de l’homme ?

J’ai confiance en l’humain.

Je pense que l’humain a peur, certes, et qu’il met du temps à accorder sa confiance. Mais quand il le fait sa violence disparaît. Je pense que l’humain cherche à se protéger, et que chacun utilise les ressources qu’il possède. C’est trop facile de ne considérer comme violents que ceux qui utilisent leurs mains, ou leur rudesse. La violence du langage est tout aussi forte, la violence de l’oppression faite par la finesse de la langue aussi. Je pense que l’humain est dangereux quand il se sent piégé, quand il se sent abusé, quand il a le sentiment qu’on se moque de lui à un point qui remet en cause sa propre légitimité. Je pense que l’humain est majoritairement bon, et intelligent, au sens où je ne crois pas que les sphères sociales ou les différents niveaux d’éducation ne reflètent le moins du monde ce que j’appelle intelligence, et qui est la capacité à croître de façon harmonieuse dans un environnement donné. Au même titre, je pense que l’humain est non-violent, c’est à dire qu’en dehors des exceptions marginales qui le font agir sous le coup d’une impression d’être piégé, bloqué, trahi, il a tendance à préférer le sentiment de paix et d’entente avec ses semblables plutôt que le conflit. C’est ce fameux exemple des animaux sauvages : même à « taille » à peu près égale, les rares fois où un animal sauvage passe à l’attaque, c’est lorsqu’il se sent piégé, ou que sa faim devient si forte qu’il en va de sa survie. Dans la majorité des cas, l’animal toise, et préfère le statut quo à la perte énergétique énorme ainsi que les dangers que représenterait une confrontation. Et encore, nous parlons ici d’animaux qui ne reposent que sur l’instinct. Chez l’homme s’ajoutent encore des couches et des couches de conscience et d’apprentissage. Mais je crois vraiment que l’homme est bon, et qu’il est doué d’une intelligence naturelle. Je crois que l’humain cherche la reconnaissance, qu’il cherche à se sentir estimé, à ce qu’on lui témoigne de la gratitude pour ce qu’il fait. Je crois que l’on cherche à être aimé, avant tout.

Conseiller, rédacteur polymorphe, Medium est mon espace de réflexion, d’anticipation des tendances, de futurologie.

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